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Traque des biens mal acquis : « Karim Wade n’a pas été blanchi » par la justice française(Me Soulèye Macodou Fall )

Geopolitico.info - jeudi 10 avril 2014

La justice française n’a pas blanchi Karim Wade. C’est ce que soutient Me Soulèye Macodou Fall, un des avocats commis par l’Etat, dans cet entretien.

Diasporas.fr : Selon la presse dakaroise la justice française a blanchi Karim Wade. Vous confirmez ?

Me Soulèye Macodou Fall : Non Karim Wade n’a pas été blanchi.

Quels sont les arguments que vous pourriez avancer pour étayer votre affirmation ?

Le premier argument est qu’en tant qu’avocats commis par l’Etat, nous n’avons pas reçu de décision de classement sans suite. La deuxième est qu’ils font dire au brigadier-chef Basset (Office central pour la répression de la grande délinquance financière-plate-forme d’identification des avoirs criminels, ndlr), « qu’en l’état actuel de la procédure, il n’y a pas d’élément constitutif des infractions visées dans la plainte dirigée contre Karim Wade et autres ». Ça c’est le deuxième argument. Le fait de dire dans l’expression « en l’état actuel », signifie que l’enquête est en cours. Le troisième argument c’est qu’une décision de classement sans suite ne blanchit personne. En France il y a le principe de la plainte pénale préalable. C’est un préalable obligatoire depuis juillet 2007. On ne peut pas, comme au Sénégal, saisir directement le doyen des juges d’instruction par le biais d’une plainte avec constitution de partie civile. On est obligé de saisir le procureur de la République par une plaine simple. Donc s’il y a une décision de classement sans suite, c’est là qu’on peut saisir le doyen des juges. Autrement dit, le fait de classer sans suite ne signifie pas qu’on a blanchi. Pour qu’on puisse dire qu’une personne est blanchie, il faut une décision de non lieu d’un juge d’instruction ou bien que cette personne est traduite devant une juridiction de jugement et que celle-ci la relaxe purement et simplement. Là on peut dire qu’elle est blanchie. (…) A supposer même que le parquet classe cette plainte sans suite, l’Etat du Sénégal se réserve le droit de saisir le doyen des juges d’instruction de Paris en vue de l’ouverture d’une information. Le juge d’instruction français a plusieurs leviers dont les commissions rogatoires, le pouvoir de gèle, de confiscation. Cela rendra la procédure beaucoup plus efficace. A présent nous sommes, juste, dans une phase d’enquête préliminaire.

Vous pensez qu’il y a une volonté de manipuler l’opinion ?

Bien sûr (…) Je suis tenu au secret de l’enquête et de l’instruction, mais récemment on a déposé un rapport d’expertise sur les comptes de Karim Wade depuis plusieurs années. Ce rapport (rires) n’est pas en faveur de M. Wade qui crie sur tous les toits qu’il est un prisonnier politique. Ses avocats savent très bien que, contrairement à ce qu’ils défendent, la réalité du dossier est tout autre. Mais puisqu’on est tenu au secret de l’enquête et de l’instruction et que la chambre de l’instruction de la CREI n’a pas fini son travail, (sous peu elle prévoit une ordonnance de renvoi inéluctablement devant la Cour de Répression de l’Enrichissement Illicite) ils vont alimenter le débat à travers la presse surtout la presse pro-Karim pour mener cette bataille médiatique à laquelle répond, en écho, la réalité du dossier.

On peut quand même avoir le sentiment que la justice française peine à trouver quelque chose non ?

Pas du tout (il insiste). Nous sommes en phase d’enquête préliminaire. Il faut préciser aussi qu’en matière de délinquance financière, je pense qu’il y a deux ou trois policiers pour toutes les affaires concernant les dictateurs africains et ceux d’autres pays en France. Ils n’ont pas assez de moyens. D’ailleurs le président de Transparency international Lebègue (Daniel, ndlr) et Bourdon (William, avocat de transparency international, ndlr) avaient envoyé un courrier au parquet de Paris pour qu’on puisse augmenter le personnel afin que ces affaires aillent très vite.

Un autre point que je voudrais éclaircir. Les journalistes me posent souvent la question, lorsque je suis au Sénégal ou même en France, sur l’état d’avancement du dossier à la suite du dépôt de la plainte en novembre 2013. Le souci c’est qu’il n’est pas d’usage pour le procureur de la République, qui reçoit une plainte et qui demande aux enquêteurs de mener l’enquête, de donner des éléments sur celle-ci. Le procureur de la République fait son travail, les policiers aussi. On a dit que le brigadier-chef Basset a donné des éléments sur le dossier, mais les policiers français ne prendraient jamais le risque de violer le secret de l’enquête.

Recueillis par Cheikh Sidou SYLLA diasporas.fr


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Par Webmaster
Publi� le: 10 avril 2014
- Dans la rubrique: Economie et finances
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