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Moïse Sarr : « La satisfaction des étudiants, c’est ma raison d’être »

Geopolitico.info - mardi 11 mars 2014

Le Directeur du service des étudiants Sénégalais à l’Etranger (SGEE) n’a qu’un objectif : assurer d’excellentes conditions d’études aux étudiants sénégalais à l’étranger. Pour y arriver, il mise sur l’innovation et la performance. C’est dans cette optique qu’il vient de mettre en place un serveur vocal interactif qui leur permet d’avoir toutes les informations sans être obligés de venir à Paris.

Diasporas.fr : Moïse Sarr, vous êtes à la tête du Service de Gestion des Etudiants sénégalais à l’Etranger (SGEE) depuis moins d’un an. Quels sont les actes que vous avez posés depuis votre prise de fonction ?

Moïse Sarr : Ce que nous pouvons retenir de ce que nous avons fait, c’est d’abord le déménagement. Nous avons quitté nos locaux qui étaient au consulat du Sénégal, à Paris. Des locaux exigus et pas confortables pour accueillir les étudiants surtout depuis l’entrée en vigueur de la réciprocité des visas. Nous avons eu l’intelligence mais aussi l’oreille attentive du président de la République qui a mis des locaux confortables et adaptés à notre disposition au 32, rue de la Tour. Le deuxième point, c’est la question du logement. Quand nous sommes arrivé, il n’y avait plus de convention entre le service de gestion des étudiants et les CROUS (Centre Régional des Œuvres Universitaires et Scolaires, Ndlr) ou les autres bailleurs alors que la question du logement se pose avec acuité. Nous nous sommes dit : « Il faut travailler pour rétablir la confiance entre les CROUS et nous parce les contrats étaient souvent rompus à cause des impayés. » Nous nous sommes également dit : « En attendant de rétablir la confiance, il faut explorer d’autres pistes. » C’est ainsi que le 4 décembre 2013, en présence même du chef de l’Etat, nous avons signé une convention avec un bailleur social français qui s’appelle ADOMA. C’est le plus gros bailleur social français avec plus de soixante-dix mille logements répartis dans toute la France. Nous avons signé une convention pour quatre ans pour un contingent mobilisable de cinq cents logements et à un prix défiant toute concurrence. L’étudiant sénégalais qui aura un logement au niveau des résidences d’ADOMA payera, toutes charges comprises, entre cent et cent cinquante euros par mois. Les premiers servis ont commencé à occuper leur logement.

La troisième grande innovation de taille, c’est le serveur vocal interactif que nous venons de lancer. Il y avait des problèmes d’accessibilité. Certains se plaignaient parce qu’ils avaient du mal à nous joindre. Ce qui était normal et compréhensible, mais nous nous sommes dit qu’il est possible de faire mieux. Nous sommes en France mais nous couvrons une trentaine de pays. Il y a les décalages horaires. Nous avons d’abord mis deux à trois agents au standard, mais nous avons remarqué que s’était prenant et dur. Nous sommes au 21ème siècle, il y a les technologies de l’information et de la communication. C’est ainsi que, après réflexion, nous avons décidé de mettre en place un serveur vocal interactif, 24h/24, 7j/7. Ce serveur vocal permet aujourd’hui à l’étudiant sénégalais qui est à l’étranger de pouvoir nous joindre 24h/24, 7j/7 et d’avoir toutes les informations dont il a besoin sans pour autant se déplacer. Parce qu’il y a un dialogue permanent entre l’étudiant qui appelle et la base de données qui est là et qui dispose de l’ensemble de ces informations. Cela est devenu une réalité et nous venons de procéder au lancement officiel.

Comment les étudiants ont-ils accueilli la nouvelle ?

Ils ont particulièrement aimé parce qu’ils ont été associés au projet. Quand nous avons commencé, nous avons d’abord observé une phase test. Pendant cette phase, nous avons impliqué les associations estudiantines mais aussi certains étudiants en télécommunication. Des étudiants qui connaissent comment ça se passe. Nous avons sélectionné une belle fourchette à qui nous avons envoyé le numéro du serveur vocal. Les retours étaient intéressants. Lors du lancement, ils ont été invités et toutes les observations qui ont été faites, pendant la phase test, ont été intégrées à la grande satisfaction des étudiants. Aujourd’hui c’est eux-mêmes qui relaient ce service à travers les réseaux sociaux. Nous en sommes fiers parce que, une fois de plus, notre raison d’être, c’est la satisfaction des étudiants.

J’imagine que vous avez d’autres projets…

Nos projets, c’est d’abord continuer à maîtriser le paiement des bourses et des aides. Dorénavant nous payons le premier de chaque mois, même si c’est un dimanche ou un jour férié. C’est un grand acquis que nous comptons préserver. L’autre projet, c’est la refonte du site Internet. Il faut communiquer, il faut que le site soit dynamique de manière à permettre aux étudiants d’avoir beaucoup d’informations à travers la foire aux questions.

Nous voulons aussi dématérialiser les thèses et les mémoires que les gens nous envoient et qui souffrent dans les tiroirs. Déjà nous voulons rapatrier les thèses qui sont là, soit au niveau de la bibliothèque universitaire de Dakar, soit dans les autres universités : Saint- Louis, Bambey et Ziguinchor.

Nous comptons aussi mettre en place une base de compétences. Nous gérons des compétences fines qui sont dans les plus grandes universités du monde, dans les grandes écoles d’ingénieurs et qui sont souvent méconnues du Sénégal. Et pourtant c’est notre pays qui les paie chaque mois, chaque année. Comme nous réfléchissons sur la problématique du retour, nous pensons nécessaire de mettre ces compétences à la disposition des directions, des entreprises qui sont au Sénégal. En somme, nous nous voulons faire des bases de données avec des résumés de profils à tel enseigne que l’entreprise sénégalaise qui cherche un ingénieur ou tout au autre profil, aura le premier réflexe de se connecter au niveau du SGEE et de voir s’il y a un jeune sénégalais qui est diplômé dans le domaine. L’Etat aussi pourrait bien évidemment s’en servir avant tout le monde.

L’autre projet aussi, c’est réfléchir à la mise en place d’une assurance. Récemment un étudiant est décédé, nous avions eu de la peine pour rapatrier le corps. Mais avec une assurance pour l’ensemble des étudiants, au moins cette question et d’autres en matière de santé pourront être prises en charge. Sans être exhaustif, voilà quelques projets que nous comptons réaliser sous peu. Notre ambition, c’est que ce service soit performant et innovant.

Beaucoup d’étudiants souhaitent la revalorisation de la bourse. Que pouvez-vous leur donner comme réponse ?

Ils vont sourire bientôt ! Le professeur Mary Teuw Niane, notre ministre de l’Enseignement supérieur, a engagé des réformes dès son arrivée. A Dakar les gens parlent de relèvement des frais de scolarité, mais il y a aussi le volet réforme des bourses. Le ministre prévoit de revaloriser la bourse des étudiants. Il veut que l’étudiant qui dispose de la bourse d’excellence puisse être mis dans de bonnes conditions pour pouvoir étudier convenablement sans être obligé de faire de petits boulots qui, souvent, handicapent ses études. Nous y sommes, nous y réfléchissons(…) En tout cas le taux de la bourse sera revalorisé, c’est un élément important de la réforme. Nous comptons le faire très prochainement.

Certains étudiants rencontrent des difficultés pour trouver des stages. Que pourriez-vous faire pour eux ?

Nous pouvons faire de l’accompagnement. (…) Nous avons mis un agent qui s’occupe des relations avec les étudiants. Cet agent, à travers des lettres d’appui, des mises en relation, aide certains étudiants à trouver des stages.

Je ne peux évidemment pas résister à l’envie de vous poser cette question : comment un jeune, qu’on dit inexpérimenté, arrive-t-il à diriger un si important service ?

Il faut juste être conscient de ses responsabilités.

Cheikh Sidou SYLLA


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Par Webmaster
Publi� le: 11 mars 2014
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