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Le rôle suspect de la Société générale dans le pillage des deniers publics

Geopolitico.info - lundi 17 février 2014

La banque française, Société générale, aurait joué un rôle stratégique dans l’affaire des biens mal acquis en Guinée- Equatorial. En fermant notamment l’œil- et non sans intérêt- dans les virements suspects de la fortune de Teodorin Obiang, le fils du Président, vers ses comptes parisiens.


L’affaire des biens mal acquis qui défraie la chronique en Guinée- Equatorial depuis plusieurs année revient sur la sellette. Cette fois, c’est le rôle joué dans cette nébuleuse par la banque française, Société Générale, par le truchement de sa filiale, la Société générale des banques de Guinée- Equatorial (SGBGE) qui est passé crible par le policier français chargé qui travaille sur ce dossier ô combien sensible.
Dans des documents auxquels le quotidien français, Le Monde, a eu accès, il ressort clairement que la posture de cette banque est plutôt louche. « La Société générale a autorisé des conditions de travail très dangereuses pour son personnel expatrié, tout en permettant le transfert en France d’importantes sommes d’argent au profit du clan Obiang, qui règne sur la Guinée-Equatoriale.
Or, les enquêteurs – ou plutôt l’enquêteur, car un seul policier français travaille sur ce dossier pourtant sensible – ont recueilli des témoignages révélant que ces sommes provenaient notamment de commissions illégales perçues sur le marché du bois par l’actuel vice-président de la Guinée équatoriale, Teodorin Obiang – visé par un mandat d’arrêt –, fils du président en exercice, Teodoro Obiang », relève le journal.
Et cette fortune colossale soustraite des caisses équato-guinéenne aurait servi à acheter, pour un total de 110 millions d’euros, d’œuvres d’art de tous ordres : tableaux de Renoir ou Degas, objets précieux de la collection Bergé - Saint Laurent, et jusqu’aux disques d’or ayant appartenu au chanteur Michael Jackson. Une fabuleuse collection qui garnissait les trois étages de l’hôtel particulier du 42, avenue Foch, propriété du clan Obiang. Un lieu somptueux, où, d’après les témoignages des employés de M. Obiang, des valises remplies de billets circulaient pour satisfaire les désirs du maître des lieux, où défilaient les représentants de maisons de haute couture et… les prostituées.
La question qui se pose maintenant est que si la Société générale pouvait-elle ignorer la provenance de cet argent ? Malgré la perspicacité de nos confrères du boulevard Auguste Blanqui, la banque indexée n’a pas souhaité réagir. Pourtant, lors de son audition en octobre dernier, Christian Delmas, dirigeant de la SGBGE de 2003 à 2007, avait avoué aux enquêteurs avoir « remonté des informations à l’oral ». « Tout le monde au sein de la Société générale connaissait cette situation particulière », avait-il précisé aux enquêteurs qui tentaient de lui tirer le vers du nez.
Et Le Monde d’enchaîner : « Jean-Marie Navarro, son successeur, a vécu un enfer, d’août 2007 à novembre 2009, comme directeur général de la SGBGE, structure modeste composée de cinq agences dans le pays. « Mon courrier était lu avant que j’en prenne possession », se souvient-il le 13 novembre 2013, devant les policiers. M. Navarro avait pour instruction de reprendre en main la SGBGE. Les Obiang ne l’entendent pas ainsi. L’oncle du président, ministre de la sécurité, le place en garde à vue durant sept heures, l’accusant d’avoir organisé un hold-up. L’employé souhaite aussi « engager certaines actions contre l’ancienne maîtresse du président ». Il reçoit dans la foulée « un appel menaçant de la présidence (…). J’allais avoir de très sérieux ennuis. » Des hommes, armes au poing, se présentent dans les locaux de la banque ».
L’enquête du journal se focalise également sur les commissions perçues par le fils du Président de la Guinée- Equatorial. « Il faut le mettre au pas, car la SGBGE gère les comptes de la Somagui, détenue par la famille présidentielle. Cette société perçoit les commissions sur le marché du bois. Les autorités publiques françaises sont au courant. Henri Deniaud, ambassadeur de France en Guinée équatoriale de 2004 à 2008, le confirme aux enquêteurs en avril 2013 : « Il était de notoriété que Teodoro fils percevait des commissions sur les ventes de bois de son pays (…). Le taux de commission imposé par le pouvoir éttait de l’ordre de 20 %. »
Du coup, l’argent irrigue les comptes Obiang, à jet continu. « Il y avait des transferts venant de la BEAC d’origine publique qui créditaient le compte du fils du président, Teodorin (…). Le manque de respect vis-à-vis d’un membre de la famille Obiang concernant un refu d’exécuter une opération financière était synonyme de prison », rapporte M. Navarro. Selon ce dernier, le flux identifié concerne des « millions d’euros ».
Avant chaque déplacement en France, « Teodorin effectuait des retraits en espèces importants avant de prendre son jet privé ». Parfois, c’est un responsable de la SGBGE qui se déplace à son domicile, avec des mallettes contenant 200 000 euros.
En avril 2006, la SGBGE permet le transfert de 22 millions d’euros. En juin 2006, c’est d’une somme de 25 millions d’euros dont il est question. Des montants, transitant par la Banque de France, destinés à acquérir un jet privé et une résidence à Malibu, pour M. Obiang. Selon M. Navarro, « soit ces transferts ont été cachés à la direction générale de la Société générale, soit ils ont été validés par cette même direction ». Et l’ancien dirigeant de conclure : « J’avais parfaitement conscience d’être dans un système… »
 


Thierno Diallo, afriqueconnection.com 


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Par Webmaster
Publi� le: 17 février 2014
- Dans la rubrique: Economie et finances
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