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La démocratie au sein des partis politiques !

Geopolitico.info - jeudi 27 mars 2014

La démocratie au-delà d’être un contre pouvoir c’est également, quand on peut s’exprimer librement et quand il est possible de dire non. Cependant la démocratie au sein des partis politiques est presque inexistante au regard du mode de fonctionnement des partis politiques. Les partis politiques sont juridiquement comme toute association, et sont composés d’hommes et de femmes ayant les mêmes aspirations et visions politiques qui aspirent au développement et au devenir de leur pays.
Ces formations politiques dans leur grande majorité fonctionnent selon la volonté, les humeurs, les états d’âme et la vision du chef qui fait du parti un bien, une propriété privée où le débat libre et contradictoire est totalement absent et où la seule constante reste le chef du parti. 
La démocratie au sein d’un parti politique exige un débat contradictoire, un débat d’idées avec une liberté d’expression, des choix démocratiques, des options objectives et non partisans car la démocratie est un devoir et « le devoir, martèle Emmanuel Kant l’horloge ; exige la suppression des sentiments humains »
Les réactions et comportements des différents chefs de partis au sein de leurs formations politiques en disent beaucoup sur la perception que ces derniers.
Dans les partis politiques, c’est la prééminence du chef de parti dont la volonté passe avant toute chose. Et c’est une réalité politique qui date de l’ère des indépendances au Sénégal. On se rappelle toujours non sans le regretter du forcing de Léopold S Senghor ancien Président du Sénégal en 1980 d’avoir porté et imposé son choix sur Abdou Diouf son ancien premier ministre devant le tout puissant Babacar Ba ancien ministre des finances et responsable politique socialiste à Kaolack , contre tous les barons et caciques socialistes, pour en faire son dauphin « légitime » et in fine son successeur à la tête du pays avec le vote du fameux article 35 de la constitution.
En 1996 le Président Abdou Diouf pour satisfaire une vielle revendication du bouillant opposant avocat, Me Abdoulaye Wade selon qui le chef de l’Etat ne doit pas être en même temps chef de parti ; devient Président du parti socialiste et choisi Ousmane T Dieng comme Premier Secrétaire lors du congrès « sans débat » ce diktat de Diouf crée à la grande surprise, des indignations et démissions des ténors socialistes à l’époque comme Moustapha Niass , Djibo L Ka etc qui formerons plus tard leurs propres partis politiques qu’ils gèrent toujours malgré leurs âges et états de santé précaires.
Au demeurant ces mêmes acteurs politiques qui revendiquaient plus de démocratie et liberté d’expression au sein des partis politiques ; érigent aujourd’hui en règle les injustices qu’ils combattaient hier.
Qu’est ce qui a bien changé entre temps ?
Après l’alternance de 2000 le Président Abdoulaye Wade grand théoricien de ce combat démocratique range ce principe dans les tiroirs et gère son partis le PDS comme bon lui semble, sans par ailleurs manquer de souligner à certains que toute la logistique et tous biens matériels sont inscrits à son nom. Ses agissements et manigances poussent ses détracteurs, opposants et certains caciques du PDS à croire, à tort ou à raison, à une volonté de dévolution monarchique du parti et du pouvoir. Et ceci expliquerait en partie la chute du régime libéral en mars 2012.
La seconde alternance de 2012 avec l’avènement du premier Président né après les indépendances, marquant « la retraite politique » des soixante huitards et annonçant en même temps une alternance générationnelle au sein de différents partis politiques comme le parti socialiste (PS) où les observateurs avertis et une bonne parti de l’opinion pensent que Ousmane Tanor Dieng à la tête de ce parti depuis 2000 ; doit songer à quitter le poste de secrétaire général au profil de Khalifa Sall Maire de Dakar plus jeune et qui gagne de plus en plus en notoriété.
Et à l’Alliance pour les Forces du Progrès (AFP) où Moustapha Niass patron de l’AFP dont le numéro 2 Malick Gakou affiche de plus en plus ses ambitions, n’est pas prêt à s’affranchir de la tutelle pour la république (APR), pour cette entité politique Benno Bokh Yakar et surtout pour l’AFP. Moustapha Niass le rappelle en ces termes un peu plus clairs lors du Bureau politique du 10 mars dernier « tant qu’il me restera un souffle de vie, je serai à la tête de l’AFP ».
En définitive ces réalités politiques au sein des formations politiques, n’augurent pas une bonne santé démocratique avec des alternances générationnelles en vue d’aller vers de nouvelles conquêts et alternatives démocratiques sans lesquelles l’usure du pouvoir finit toujours par transformer des responsables et chefs de partis politiques en patrons d’entreprises et/ou dictateurs dans leurs propres formations politiques. 
En réalité les réactions incendiaires des responsables politiques des différents partis surtout de la mouvance présidentielle face aux conclusions du rapport de la Commission Nationale pour la Réforme des Institutions(CNRI) qui apportent de profondes mutations sociales économiques intellectuelles, démocratiques etc dans la vie politique renseignent sur les identités, les intentions et les ambitions de certains de nos hommes politiques. 


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