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Entretien avec Fodé SYLLA nouveau ambassadeur itinérant du Sénégal

Geopolitico.info - samedi 1er novembre 2014

Fodé Sylla ambassadeur itinérant : "Les Sénégalais ne travaillent pas assez (...) Pourquoi ma collaboration avec Me Wade n’a pas abouti (...) Ce qui est arrivé à Blaise Compaoré est un signal fort pour les autres états, y compris le Sénégal

Dakaractu : Suite à une audience avec le chef de l’Etat, il vous a fait l’insigne honneur de vous nommer ambassadeur itinérant. Dans quelles circonstances avez-vous connu le Président Sall ?

Fodé Sylla : Je vous remercie mais vous n’êtes pas sans savoir que dans ma trajectoire professionnelle, il m’a été donné de faire d’incessants va et vient entre le Sénégal et la France. C’est au cours de ses aller retour que j’ai eu l’occasion de connaître l’actuel chef de l’Etat ; lequel a eu à occuper plusieurs fonctions dans l’appareil d’Etat. Depuis que j’ai connu le Président Sall, je peux dire que le cordon ne s’est pas coupé. Je ne dirais pas que c’est mon ami, mais nous avons gardé le contact notamment sur le plan professionnel. Il m’a également été donné de souscrire aux idéaux du mouvement M 23 ; j’étais foncièrement contre ce fameux projet dit de dévolution monarchique du pourvoir. La suite est connue. Tout récemment, il m’a reçu et comme vous dites m’a fait l’insigne honneur de me nommer ambassadeur itinérant. 

Dakaractu : Il nous revient qu’Amath Dansokho, ministre conseiller auprès du chef de l’Etat aurait joué un rôle prépondérant dans votre nomination. Vous confirmez ?

Fodé Sylla : Absolument, mon oncle, (je l’appelle mon oncle, Amath Danskho) me porte en haute estime. Il a toujours soutenu mes actions et ce depuis mes débuts dans le militantisme, bref il m’a accompagné, couvé comme son propre neveu durant toute ma trajectoire. Je saisis l’opportunité de cet entretien pour lui dire "merci tonton".

Dakaractu : Est-ce qu’avant de jeter son dévolu sur vous, le chef de l’Etat vous a fixé une feuille de route ?

Fodé Sylla : Effectivement ! Vous savez le Président Sall ne tâtonne pas. Il ne nomme pas quelqu’un pour ses beaux yeux. Ce n’est pas ma nature de jeter des fleurs à quelqu’un. Ceux qui me connaissent savent très bien ce que je dis. Au cours de cette audience nous avons d’abord parlé des enjeux entre autres sujets d’actualité brûlante. Il m’a séduit par son discours très rassurant. Lui également peut être séduit , après m’avoir prêté une oreille attentive, par mon abnégation, ma volontarisme, comme me qualifiait l’autre ; il m’a demandé de consacrer mon temps à défendre d’abord le Sénégal, de booster la destination Sénégal, à travers notamment le PSE. 
De ce fait, j’envisage prêcher partout la bonne parole, mais également inciter nos compatriotes éparpillés un peu partout dans le reste du globe à revenir au bercail, bref de croire à l’émergence du pays. Et comme je vous l’ai dit tantôt, il m’a été donné de côtoyer au cours de mes pérégrinations, le Président. Je suis conscient de ma mission et j’entends pleinement jouer ma partition. Sans verser dans la pédanterie, je ne suis pas "bleu" pour avoir bourlingué un peu partout. J’ai tour à tour été Président de SOS Racisme, ancien député Européen, chargé du développement durable au sein d’une multinationale spécialisée dans le nucléaire (Areva)... Bref, mon programme en tant qu’ambassadeur itinérant comprend de développer partout, devant des auditoires à travers le monde des idées novatrices à travers le PSE à même d’ouvrir des perspectives d’avenir assez hardies pour le Sénégal. C’est le lieu de lancer un vibrant appel à mes concitoyens d’avoir le culte du travail. Osons le dire, n’en déplaise à certains,
les Sénégalais ne travaillent pas assez. Virgile, un grand penseur disait je cite : "le travail opiniâtre vient à bout de tout" ; alors travaillons et je vous dis seul le travail paie. Vous même avez eu du mal à me coincer tellement que j’étais pris par mes activités. 

Dakaractu : C’est connu, vous avez également collaboré avec l’ancien Président de la République, je veux nommer Me Abdoulaye Wade. Pourquoi alors votre compagnonnage a fait long feu ?

Fodé Sylla : Tout à fait, nous avons eu à collaborer mais cela a été un feu follet. Permettez d’abord de faire ce petit rappel d’histoire dans la foulée. J’avais suggéré à Wade de se retirer, de retirer sa candidature. A l’époque j’avais essuyé des critiques, mais le temps m’a finalement donné raison. Vous avez vu ce qui s’est passé chez nos parents du Burkina. Il a mis pas moins de 27 ans au pouvoir, et il y a une jeunesse qui est née et a grandi pendant ses deux décennies et qui n’a connu que Blaise comme Président ; donc leur ras le bol ayant fini par cette sédition se comprend quelque part. J’en déduis que ce qui est arrivé à Blaise Compaoré est un signal fort. C’est un signal également pour ces chefs d’états africains qui entendent griller le feu, c’est à dire ces président mus par une volonté incompréhensible de s’éterniser au pouvoir, qui tripatouillent ou tentent de changer leur constitution. Aucun Etat, je dis bien aucun Etat n’est dorénavant épargné.
Pour en revenir à votre question sur l’ancien président de la République, j’avais proposé mes bons offices et bénévolement ; je dois le préciser. J’avais amené lors d’une de mes navettes, des partenaires et des amis notamment Maliens avaient aussi dans leurs valises des bailleurs ; lesquels tenaient vraiment à investir au Sénégal, notamment dans les énergies renouvelables. Vous avez peut être lu une de mes interviews paru dans un journal français, dans lequel j’avais expliqué l’image forte que je garde d’Abdoulaye Wade. Je disais dans le Nouvel Obs, si je ne m’abuse, que lorsqu’Abdoulaye Wade et Landing Savané ont été emprisonnés en 1993 sous la présidence de mon ami Abdou Diouf, je suis intervenu avec d’autres militants des droits de l’homme pour demander leur libération. En tant que Sénégalais, engagé à gauche, j’ai vu évoluer Abdoulaye Wade dans l’opposition pendant 26 ans. J’ai vu comment, en se faisant élire, porté par son slogan "Sopi", il a fait entrer à grands pas le Sénégal dans la démocratie. Ceux de ma génération y ont cru mais à l’arrivée, que de déceptions.
S’agissant toujours de votre question, en août de l’année 2010 ou 2011 , il m’a demandé d’aider le Sénégal à se doter d’une centrale solaire. J’ai accepté cette mission, car elle rejoignait le travail que j’effectuais déjà au sein d’Areva et correspondait à mes préoccupations personnelles : le combat pour l’accès à l’eau et aux énergies renouvelables pour les populations du Sud. Mais, malgré la volonté du président, des cercles d’influence gravitant dans son entourage que je me garderais de citer, ont tout fait pour empêcher ce projet de voir le jour. C’est ainsi que j’ai pu mesurer l’érosion de son pouvoir. Ce régime révolu, je continuerai, n’en déplaise à certains, de me mettre à disposition des Sénégalais pour faire aboutir ce projet entre autres. D’où d’ailleurs mon engagement auprès du Président Sall. Et je vous dis, j’ai le feu sacré comme on dit ; autrement dit j’éprouve un enthousiasme fou, fou, fou...

Source : dakaractu
 


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Par Webmaster
Publi� le: 1er novembre 2014
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