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Aboubakry BA : "La pluie de Milliards sur le Sénégal : une prime à l’exemplarité, mais… "

Geopolitico.info - lundi 17 mars 2014

Maintenant que l’euphorie légitime vécue à l’intérieur comme à l’extérieur du pays suite aux « razzias financières » réussies par « le Général » Macky Sall, en Chine et à Paris est redescendue, il nous semble utile de revenir sur ces évènements et tenter d’expliquer les facteurs à l’origine de ce succès et les exigences qui en découlent.
A son retour de Paris, le Président Macky Sall, déclarait « : cette victoire, c’est celle de toute la classe politique ainsi que de la société civile ». Il s’est modestement confondu à cette classe politique en refusant tout triomphalisme, il faut l’en félicité, car on se souvient encore des tapages énormes qui ont accompagné dans un passé récent, les retours de Club de Paris, avec des haies de militants et des sonos toutes décibels ouvertes. En même temps, il a raison d’exalté ainsi le modèle de gouvernance qu’il expérimente depuis deux ans déjà sans heurts et, qui est basé sur une sorte de « power sharing » , un consensus pour une cogestion du pouvoir que, même les vielles démocratie ne s’aventurent que rarement à pratiquer.
Prime à l’exemplarité donc, pour au moins deux raisons qui sont d’ailleurs fortement imbriquées.
Premièrement, il fallait pour les partenaires au développement récompenser le Sénégal qui, en 2012 encore a démenti les pronostics pessimistes qui annonçaient la fin de l’exception démocratique Sénégalaise qui, comme ailleurs en Afrique, allait être balayée par la violence et les tentions déjà très vives en ce moment-là.
Je me souviens toutes les difficultés que j’ai eues à cette époque, pour mobiliser des entreprises européennes à prendre part à la première édition du Salon international des Maires et des Communes, que j’organisais avec un autre associé sous l’égide del’AMS, à Dakar en décembre 2011. Au fur et à mesure que les évènements s’enchainaient, on enregistrait impuissants, à des désistements en cascades, explications servies : « la dégradation très inquiétante de la situation politique nous oblige à annuler notre participation ».
L’heure était en effet très grave, tous les ingrédients nécessaires à une explosion incontrôlable de la violence et, à une rupture du processus démocratique étaient réunis. Mais, fort heureusement, certains leaders politiques appuyés par la société civile ont su écouter les voix qui, s’élevaient des profondeurs du pays pour éventrer un complot politique indigne du pays d’El hadj Oumar, de Cheikh Ahmadou Bamba, d’El hadj Malick Sy, de Senghor, de Mamadou Dia, de Cheikh Anta Diop entre autres.
Ainsi en mars 2012, les Sénégalais vont à nouveau faire la preuve, qu’ils étaient capables de trouver les compromis nécessaires pour sauver leur pirogue commune, le Sénégal, du naufrage.
Parmi cette élite politique il faut saluer ceux qui, envers et contre tous, ont eu le courage d’aller aux élections au risque de les perdre, convaincus qu’ils étaient que, le processus démocratique en cours ne devait sous aucun prétexte être suspendu ou ajourné.
Refusant de céder à la tentation et aux pressions très fortes, pour saboter les élections, les empêcher de se tenir, les boycotter ou au moins les différer, leur tête de file, le candidat Macky Sall avait décidé de faire confiance aux sénégalais, à l’administration, à la justice et l’armée de son pays pour faire triompher la voix du peuple et éviter ainsi au Sénégal d’être en rupture de ban –démocratique.
C’est ce candidat, devenu Président qui a conduit les délégations en Chine et en France. Et, cela a naturellement pesé sur la balance.
Le deuxième facteur à notre avis, non moins déterminant, est lié au contexte géopolitique sous régional.
Depuis plusieurs années, l’Afrique de l’Ouest, se trouve régulièrement traversée par des crises politiques aigues. Si la Cote d’Ivoire, et la Mauritanie après des épisodes heurtés, parfois même dramatiques semblent se stabiliser, de lourdes incertitudes planent encore sur le Mali, qui sort à peine d’une guerre, la Guinée qui a du mal à solder un contentieux électoral à tonalité ethnique, la Guinée Bissau où, des coups d’état répétitifs ont conduit à l’affaiblissement total de l’ l’Etat et la Gambie ou le processus démocratique semble résolument figé.
Il apparait donc clairement à travers ce bref panorama de la situation politique sous régionale que, le Sénégal, (malgré son problème casamançais), apparait comme un îlot de stabilité et de sécurité qu’il faut aider, et sauvegarder, d’autant plus que sa position géographique idéale fait du pays une base stratégique de replis et de déploiement en cas de besoins pour des opérations militaires et ou humanitaires.
Mais, (et c’est un grand mais), ces avantages comparatifs sont en même temps autant de défis que le Sénégal doit relever, s’il veut capitaliser sur cette conjoncture favorable, et offrir à son peuple les véritables moyens de son épanouissement.
Il n’y a pas de développement possible sans une vision politique à longs termes, déclinée en axes stratégiques, en projets prioritaires et en programmes structurants avec des actions budgétisées et planifiées dans le temps.
Le Plan Sénégal Emergent (PSE) répond à cette préoccupation majeure, mais à la différence des plans antérieurs, il nous semble plus ambitieux. En effet, en se fixant comme horizon temporel 2035, il se construit sur une vision à long terme qui témoigne d’une volonté de rompre d’avec les systèmes de planification à courte vue. Dès lors ce n’est pas surprenant que le groupe consultatif et les partenaires privés aient été séduits par le PSE.
Cependant, quel que soit sa cohérence, le niveau d’expertise ou de patriotisme de ceux qui l’ont conçu, le plan n’aura de sens aux yeux des sénégalais que, s’il se traduit par des réalisations concrètes.
Et, c’est à ce niveau que les promoteurs du Plan Sénégal Emergent (PSE) sont attendus tant les espoirs et les attentes sont grandes maintenant que les financements sont acquis.
Si avec 3729 Milliards de Franc CFA fonds extérieurs, le peuple peut à nouveau s’autoriser à rêver, l’Etat lui à l’impérieux devoir de mettre en branle la machine qui va progressivement transformer ce rêve en réalité.
Notre pays gagnerait donc dès à présent à se pencher sur les conditions d’une mobilisation de toutes les énergies, de toutes les forces vives de la nation, pour renforcer ses capacités institutionnelles d’absorption des fonds disponibles. 
Aussi, pour faciliter le respecter de ses engagements politiques, le Sénégal devrait ’il passer par une responsabilisation accrue des gestionnaires de projets ainsi que des populations destinataires. A cela devrait s’ajouter la mise en place d’un système rigoureux d’évaluation centré sur la production de Comptes rendus réguliers qui facilitera, le suivi, la transparence et la reddition des comptes.
Cette problématique est cruciale et, c’est de sa bonne prise en compte que dépendra principalement l’avenir du PSE.
Le fait est, qu’il est aujourd’hui grand temps de venir à bout de ce paradoxe qui veut que les pays africains soient à 80°/ (source nations unies), en retard significatif pour atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés avec des fonds extérieurs disponibles alors même que le financement intérieur est quasi inexistant.

Par Aboubacry Ba
Expert en Relations internationales
Président du SENAAF (Sénégal Alternatives/Afrique)

Source : afriqueconnection.com


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Par Webmaster
Publi� le: 17 mars 2014
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