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A quand l’indépendance économique du Sénégal et en Afrique ?

Geopolitico.info - lundi 27 janvier 2014

Dans un contexte où les poursuites judiciaires semblent déséquilibrées malgré les accusations qui pèsent sur les anciens collaborateurs du régime libéral ; il y a une sorte de flot médiatique et d’informations autour du Plan Sénégal Emergent. Hélas il faut rappeler que la communication n’a pas toujours la vocation de transformer une réforme en réalité.
Le plan Sénégal émergent est toujours d’actualité et constitue même un dogme chez le Président et son ministre des finances malgré les argumentaires solides et convaincants avancés par certains ministres, des cadres de l’administration, des économistes remettant en cause la pertinence d’un tel projet.

Le Sénégal pour atteindre l’objectif de l’émergence économique cible et vise les secteurs prioritaires susceptibles de donner des résultats satisfaisants au Plan Sénégal Emergent. C’est d’ailleurs dans cette logique que le ministre de l’économie et des finances expliquait dans son intervention devant les partenaires techniques et financiers (PTF), au cours d’une des rencontres de préparations du Groupe Consultatif 2014 que : « le Plan Sénégal Emergent amorcera la dynamique d’émergence à l’horizon 2018, avant de nous propulser vers l’expansion économique ».

Cependant il faut noter que le plan d’action prioritaire (PAP) de la stratégie nationale de développement économique et sociale (SNDES) mise en place par le régime libéral et tant décrié par l’actuel régime « a été mise à jour pour impulser la dynamique du chemin de l’émergence » d’après le ministre des finances qui considère que le Plan Sénégal Emergent constitue « un cadre d’accélération qui se présente comme le cadre intégrateur de toutes les politiques publiques en matière de développement économique et social ».

Tant mieux si le Plan Sénégal Emergent(PSE) est une copie collée améliorée de la stratégie nationale de développement économique et sociale(SNDES) ce qui importe aux populations c’est le mieux être, c’est la baisse : des prix des denrées de premières nécessité, du taux de pauvreté, de la précarité et du chômage surtout des jeunes, c’est également de voir s’opérer des ruptures face aux mutations économiques, politiques, sociales, culturelles, intellectuelles, environnementales etc qui constituent des défis de notre temps aux profits des populations.

Le financement du Plan Sénégal Emergent par les bailleurs lors de son passage devant le Groupe consultatif de Paris les 24 et 25 février sera un Salut pour le Sénégal dans la mise en œuvre de ses projets et programmes de développement.
Cependant à quel prix ou quel sera le sacrifice économique, politique, social, et culturel du Sénégal pour pouvoir bénéficier de ce financement.
Dans ce contexte de globalisation et sous le diktat du nouvel ordre économique mondial avec les institutions financières internationales comme le Fonds Monétaire International(FMI) la Banque Mondiale Agence Française de Développement(AFD), l’USAID etc les pays sous-développés et/ou pauvres appliquent les politiques définies mise en place par ces institutions pour pouvoir bénéficier de leurs aides, subventions, dons, soutiens, dettes … et restent toujours des Pays Pauvres Très Endettés (PPT).

Par conséquent la politique économique des institutions de brettons Woods n’a jamais été à l’origine ni favorisé le décollage économique des pays pauvres, sous développés. J’en veux pour preuve les conséquences économiques politiques sociales etc du fameux Plan d’Ajustement Structurel des années 1990 dans les pays pauvres.
C’est d’ailleurs dans cette optique que le gouvernement du Sénégal pour bénéficier du financement des partenaires publics et privés au Groupe consultatif de Paris doit à travers le Plan Sénégal Emergent répondre à certaines exigences et réformes dictées par le fonds monétaire international (FMI).

Aujourd’hui dans les pays sous-développés même pour bénéficier de la dette dont la viabilité est un facteur important car ouvrant les portes au marché international ; les Bailleurs et Partenaires économiques et techniques nous viennent avec des projets déjà ficelés par leurs experts, exigent des projets productifs, rentables et ou demandent souvent en contre partie des subventions et fonds alloués aux Etats pauvres ; des marchés au détriment des nationaux ce qui aujourd’hui tue à petit feu le secteur privé qui agonise et constitue un manque à gagner en terme d’impact réel sur la croissance économique.

Pour le cas précis du Plan Sénégal Emergent le FMI lors du passage du Sénégal le 20 décembre 2013 devant son conseil d’administration semble exiger des réformes dans des secteurs importants avec des indicateurs objectivement vérifiables pour être éligibles. Le Fmi finance et soutient le PSE si et seulement si les réformes exigées sont prises en compte par le gouvernement du Sénégal dans son Plan pour l’émergence.
Le Plan Sénégal Emergent semble respecter les reformes et le plan d’action présentés par les bailleurs dans leur cadre logique de financement quelles que soient les conséquences. Nous pouvons citer en exemples : la diminution des subventions dans l’énergie, le nouveau code des douanes, la réforme des agences, la lutte contre le gaspillage dans les dépenses publiques, la rationalisation des ressources en vue de les affecter ailleurs, les réformes fiscales, la transparence budgétaire …

Quelles seront les conséquences de telles réformes pour le contribuable sénégalais ?

En définitive cinquante ans après les indépendances nos pauvres Etats sont toujours sous le diktat des politiques des différentes institutions financières, économiques, internationales établis par le nouvel ordre économique international.
Le marché africain aiguise des appétits et des convoitises américains asiatiques et européens (sommet France-Afrique, Chine-Afrique, et le prochain sommet Amérique-Afrique convoqué par Barak OBAMA au mois d’Août 2014) au moment où des milliers de populations africaines n’ont toujours pas accès à l’eau potable, à l’électricité, au soin de santé, à l’éducation, avec des instabilités politiques et économiques favorisant des tueries, la famine, l’exode massive des populations vers d’autres zones à la recherche de la paix, du mieux être, de la quiétude et d’une vie meilleure.
Il est vraiment temps pour nos dirigeants d’ose franchir le Rubicon en renforçant et diversifiant le partenariat avec des pays du BRICS dont la réussite doit être un cadre de référence et un model de réussite pour l’Afrique et ses différentes cadres d’intégrations économiques et régionales tels l’union africaine (UA, UEMOA, CEDEAO, OMVS etc). 
Et pour nos peuples ils doivent avoir le réflexe révolutionnaire à l’image de ceux des pays émergents tels que le Brésil, l’Inde, l’Afrique du Sud et surtout le modèle asiatique la Corée du Sud il y a cinquante ans.

Ibrahima HAIDARA.


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Par Webmaster
Publi� le: 27 janvier 2014
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